
Paris Photo 2026
Booth F09
DANAE a le plaisir de présenter Jacopo Di Cera à Paris Photo, pour l’édition 2026 de la foire. La présentation Human Traces est conçue par Marlène Corbun.
12–15 novembre 2026 · Booth F09
Grand Palais3 avenue du Général Eisenhower
75008 ParisRecevoir un rappel
Sospesi
Depuis 2015
Sospesi est un projet artistique multimédia lancé en 2015 qui explore l’identité italienne à travers un processus d’observation visuelle et sociale à plusieurs niveaux. L’œuvre se déploie dans deux dimensions distinctes mais profondément liées. D’un côté, la photographie physique, imprimée en grand format, cristallise le temps. De l’autre, les œuvres numériques transforment l’image en mouvement, en flux et en une expérience sensorielle continue.
Le projet naît d’une urgence du regard, celle de dépeindre l’Italie à travers la profondeur de son tissu social et culturel, observé depuis une perspective inhabituelle, la vue zénithale.
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Vus d’en haut, tous les éléments du paysage, corps, bâtiments, rues, places et littoraux, sont aplatis et réunis sur un même plan visuel. Dans cette apparente uniformité bidimensionnelle s’opère une démocratisation du regard. Les distances disparaissent, les hiérarchies se dissolvent et une nouvelle forme de vérité émerge, façonnée par les relations, les tensions et les liens entre les individus et leur environnement. L’espace devient un protagoniste actif du récit collectif.
Les œuvres physiques sont des images denses, tactiles et analytiques. Chaque tirage devient une carte émotionnelle, un document des strates les plus profondes de l’identité italienne. Les œuvres numériques, créées à partir des mêmes photographies, évoluent en boucles vidéo infinies qui remettent en question la logique de l’instant et ouvrent l’image à un temps cyclique. L’image respire, se dilate et se régénère, devenant une expérience.
Sospesi constitue ainsi un écosystème visuel où photographie et vidéo dialoguent, se complètent et s’amplifient. Il propose un portrait collectif de l’Italie contemporaine, un pays façonné par des traditions qui perdurent et des formes qui évoluent, par des corps qui se déplacent ensemble et des espaces vides qui disent l’absence.
Un regard d’en haut qui nous permet d’entrer, peut-être pour la première fois, dans nos vérités communes.
Dans le corpus photographique de Sospesi, l’artiste construit un atlas émotionnel de l’Italie contemporaine, parcourant d’un regard attentif et silencieux ses traditions, ses rituels collectifs et ses lieux symboliques. Cette observation soutenue et stratifiée cherche, depuis plus de dix ans, à révéler l’identité d’un pays à travers ses instants suspendus, chargés de mémoire partagée.
L’artiste photographie l’Italie au rythme de son âme, pendant les vacances, les fêtes populaires et les dimanches sans hâte, lorsque les corps s’abandonnent à une chorégraphie spontanée qui révèle le caractère du pays et ses contradictions. Chaque image devient une fresque de relations, un document poétique de nos façons de bouger, de nous rassembler et de durer.
Ces images transmettent la mémoire. À travers un regard silencieux, perpendiculaire mais jamais détaché, l’artiste rend aux lieux et aux gestes leur dignité symbolique. Chaque tirage, chaque scène et chaque détail appartient à une géographie affective de l’Italie, façonnée par des traditions qui résistent au temps et nous rappellent qui nous sommes, ou qui nous devenons.
Sospesi construit un autre récit du pays à travers ce qui perdure, ce qui est célébré et ce qui est oublié. Les photographies deviennent ainsi des instruments de mémoire active, capables de relier générations, territoires et identités par un geste artistique ancré dans une empathie radicale.
Dry Series
2022 · Issu de Sospesi
Dry Series s’inscrit dans Sospesi, le vaste projet de recherche photographique de Jacopo Di Cera. L’artiste y observe le paysage depuis le ciel, transformant les territoires naturels et façonnés par l’homme en champs visuels suspendus, presque abstraits.
Dans ce chapitre, Di Cera se concentre sur le Pô pendant une période de sécheresse sévère. La baisse du niveau de l’eau révèle des zones du lit du fleuve habituellement immergées. Bancs de sable, sédiments, traces de végétation et de passage humain émergent comme autant de géographies fragiles et temporaires.
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Vues d’en haut, ces surfaces perdent leur échelle immédiate et deviennent des compositions de lignes, de textures et de champs chromatiques changeants. Derrière leur beauté formelle se manifeste pourtant la réalité d’un écosystème altéré.
Au sein de Sospesi, Dry Series prolonge la réflexion de Di Cera sur le changement climatique et sur la relation de plus en plus instable entre la présence humaine et l’environnement naturel. La sécheresse se donne à voir à travers ses traces. Absence, érosion, surfaces exposées et morphologies transformées constituent le langage visuel par lequel le paysage inscrit sa propre vulnérabilité.

Dry #1, 2022
Jacopo Di Cera
Tirage Fine Art sur papier baryté, monté sur Dibond
45 × 45 cm
Édition 1 sur 6

Dry #2, 2022
Jacopo Di Cera
Tirage Fine Art sur papier baryté, monté sur Dibond
45 × 45 cm
Édition 1 sur 6

Dry #3, 2022
Jacopo Di Cera
Tirage Fine Art sur papier baryté, monté sur Dibond
45 × 45 cm
Édition 1 sur 6

Dry #4, 2022
Jacopo Di Cera
Tirage Fine Art sur papier baryté, monté sur Dibond
45 × 45 cm
Édition 1 sur 6

Dry #5, 2022
Jacopo Di Cera
Tirage Fine Art sur papier baryté, monté sur Dibond
45 × 45 cm
Édition 1 sur 6
Ciclica
2026 · Texte de commissariat de Rebecca Pedrazzi
Avec Ciclica, Jacopo Di Cera construit une cosmogonie visuelle centrée sur la vulnérabilité du vivant et sur la fracture de plus en plus manifeste entre l’ordre naturel et l’intervention humaine. L’œuvre se déploie en un récit symbolique en trois actes, naissance, vie et mort, dans lequel Gaïa, déesse primordiale de la Terre dans la mythologie grecque, devient à la fois un archétype de la condition humaine et une allégorie de notre présent écologique. Une réflexion sur l’une des urgences les plus radicales de notre époque s’y dessine en sourdine.
Origine génératrice et matrice du monde matériel, Gaïa est évoquée comme un principe d’interconnexion entre les éléments de la terre, de l’eau et de la mer. Son émergence de la mer, seuil archétypal de la vie et de sa manifestation, porte l’idée centrale de l’œuvre, celle d’une existence inscrite dans une grammaire de la cyclicité.
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Gaïa est incarnée par la performeuse Lidia Carew, dont le corps symbolique traverse les trois seuils narratifs de l’installation. Au cœur de l’œuvre, sa danse se déploie entre mer et terre comme une image d’harmonie primordiale. Une chorégraphie essentielle rend perceptible la continuité organique entre les êtres vivants et leur environnement.
Sur les vingt écrans centraux, la danse est traversée par des vidéos de l’artiste évoquant les causes et les effets du changement climatique, de la sécheresse à la disparition des écosystèmes et à l’intensification des phénomènes météorologiques. Le dispositif produit une interférence conceptuelle et visuelle. L’effondrement environnemental s’inscrit dans la danse de Gaïa, qui devient l’image d’une époque où l’harmonie naturelle subsiste, déjà blessée.
Le parcours s’achève avec la mort de Gaïa, envisagée comme un retour à la matière. Dans cette continuité entre naissance, vie et dissolution, Ciclica pose sa question la plus urgente. Que se passe-t-il lorsque le cycle naturel est perturbé par l’action humaine ?
L’installation elle-même participe à cette réflexion. L’utilisation d’écrans réemployés fait de la matière technologique un choix éthique. À travers une grammaire visuelle chargée d’intensité symbolique, construite autour de la perspective zénithale et d’une attention minutieuse à la forme, à la lumière et à l’ombre comme prolongements conceptuels du corps, Di Cera traduit le changement climatique en expérience esthétique et en interrogation critique du présent.
Ciclica raconte l’histoire de Gaïa, mais aussi celle de ce que nous faisons à son corps et, inévitablement, au nôtre.


